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Kabala : ‘‘Les violences dans nos stades sont conséquence de l’impunité’’ PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 12 Mai 2015 07:34

Le comité de gestion de la Ligue nationale de football (LINAFOOT) à décider de faire jouer toutes ses rencontres de Kinshasa à huis clos suite à la récurrence des violences généralisées dans  les installations sportives. Seulement, la leçon n’a pas été suivie sur d’autres terrains. Le dernier cas en date a été enregistré dimanche 10 mai à Mbuji-Mayi lors de la rencontre ayant opposé au stade Tshikisha la formation de Sanga Balende de la ville diamantifère face à l’AS V Club de la capitale. Il a été enregistré des blessés graves, notamment parmi les joueurs de V Club dont le gardien Hervé Lomboto et Firmin Mubele.

 

La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la 8ème et dernière journée du play-off de la 20ème édition du Championnat de la Division I. Les résultats (3-3) de la rencontre ont été suspendus. Préoccupée par cette situation, votre rédaction s’est entretenue avec Pierre Célestin Kabala Mwana Mbuyi, analyste sportif et Président de l’Association des journalistes sportifs du Congo (AJSC). Pour lui, tout ce que nous assistons aujourd’hui est la conséquence du déficit des mesures coercitives à l’endroit des fautifs. L’homme qui connaît le monde des sports de la RDC préconise en plus des solutions pratiques pour remédier à la situation.

Irisfootball.com : Quelle lecture faites-vous du phénomène récurrent des troubles dans les installations sportives de la RDC ?

Kabala : C’est avec regret que nous assistons à ce phénomène récurrent de la violence dans nos installations sportives. Mais cette situation remonte d’il y a une ou deux années passées. Les gens voient aujourd’hui, mais ne savent pas que les conséquences du pourrissement de la situation ont commencé un peu bien avant. Une situation à laquelle on n’a pas su apporter des solutions. Il faudrait que la compétition soit à la fois fiable et viable à la rigueur de la réglementation par la sanction positive et négative. Il ne faudrait pas qu’il y ait de demie mesure ni du clientélisme. A partir du moment où on ouvre la fenêtrée à cela, la conséquence, c’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui. Les conséquences remontent à partir du moment où il y a eu des violences à Lubumbashi, à Mbuji-Mayi, à Kisangani, au Maniema, à Kinshasa, à Goma et que les mesures n’ont pas été coercitives, ni rigoureuses à l’endroit des fautifs. Voilà qu’ils ont continué. Le constat que j’ai fait, c’est déplorable et cela devient plus inquiétant comme pour le cas du Daring club Motema Pembe. Les gens cherchent à comprendre pourquoi DCMP arrive à provoquer aujourd’hui des troubles dans le stade.

Quel jugement portez-vous sur la destruction des infrastructures sportives par les supporters des clubs perdants ?

Les supporters ne se rendent pas compte qu’en détruisant, ils sont en train de mettre un frein au développement de leur propre club. A chaque fois que les supporters cassent, ce sont les caisses de leurs clubs qui en pâtissent. Imaginez DCMP maintenant qu’on lui demande de payer USD 50 000, combien de temps de cotisations lui faudra-t-il pour réunir ce montant ? Cependant, le club continue à jouer, il faut supporter les titres de voyage, il faut nourrir et rémunérer les joueurs. Est-ce que les supporters réfléchissent avant de poser de tels actes ? Ils devaient être les premières personnes à se surveiller pour voir qui a lancé la pierre, qui a lancé le bâton ainsi de suite. La conséquence est qu’eux-mêmes seront privés de ce beau spectacle. En plus de cela, il faut obligatoirement payer des amendes.

Le recours aux forces de l’ordre est-il nécessaire pour remédier aux troubles dans les installations sportives ?

Les forces de l’ordre doivent apprendre et comprendre en même temps qu’assurer l’ordre public sur la rue n’est pas équivalent dans les installations sportives. Les installations sportives sont réputées être des oasis des paix. Et là, on n’y entre pas avec des armes à feu. On n’y entre pas avec des armes blanches, ni des objets qui incitent les autres à réagir. Lorsque vous amenez une grenade, un gaz lacrymogène dans une installation sportive, il y a des gens qui sont allergiques face à ces choses. Les installations sportives ne sont pas de lieux indiqués. Il y a d’autres méthodes. Ces méthodes on les apprend. Et ce sont les professionnels dans le maintien de l’ordre qui savent comment se comporter pour tel ou tel autre cas. L’organisateur doit former les gens qu’on appelle des ‘‘stadiers’’. Ils apprennent comment maitriser les fauteurs de troubles à mains nues. Ce sont ces gens qui sont censés assuré la sécurité dans les stades. Ils viennent dans l’esprit d’assurer la sécurité dans le stade. On peut même recourir aux sportifs qui ont fait les arts martiaux, on les formes et on les spécialise pour maitriser les situations dans le stade.

Pensez-vous que la décision de la LINAFOOT consistant à faire jouer les matches à huis-clos, serait efficace pour mettre un terme aux violences et troubles dans les stades ?

Nous avons un barème des sanctions. Le match à huis-clos, c’est parmi les sanctions qui sont prévues dans le règlement. Mais quant à dire que c’est la bonne ou la plus efficace, je dis non. Lorsqu’on demande aux clubs de jouer à huis-clos, c’est le football qui en pâtit. Et quand on généralise, il y a d’autres clubs non concernés par ces mesures qui payent les frais. Ainsi, je ne sais pas si ce manque à gagner est récupéré quelque part. Si la LINAFOOT a pris cette décision à chaud, c’était pour calmer l’hémorragie des violences qui devenaient de plus en plus inquiétantes dans les stades. C’était pour éviter des incidents majeurs. Maintenant, je crois qu’ils se sont mis la corde au cou. De l’autre côté, c’est le malheur d’accepter des choses dont on n’est pas sûre. La LINAFOOT n’était pas sûre de commencer un championnat national et de le terminer. C’est comme ça qu’on a instauré le système de play-off dont on n’était pas sûre. C’est ce qui crée des frustrations interminables. Maintenant il y a des clubs qui sont obligés de jouer à huis-clos contre les coupables. C’est pourquoi je me demande si c’était la bonne décision à prendre. Il faut en discuter. D’une part, ce sont les clubs qui sont perdants et d’autres part un manque à gagner pour l’organisateur du championnat.

Quelles mesures appropriées la LINAFOOT devait-elle appliquer pour remédier à cette situation ?

Les organisateurs doivent se faire respecter par leur rigueur, par leur abnégation dans tout ce qu’ils font. Lorsqu’on soupçonne en vous l’esprit partisans, c’est fini. En ce moment, vous ne serez plus respecté. Lorsqu’il faut sanctionner, vous devez sanctionner conformément aux textes de loi qui régissent le football pour la nécessité de la chose. C’est parmi les remèdes. En plus de cela, les sanctions ne peuvent pas seulement être négatives. Elles doivent aussi positives, si possible. La LINAFOOT peut aussi organiser un trophée de fair-play pour plébisciter le meilleur public qui s’est comporté dignement. Elle peut sortir une petite enveloppe  pour récompenser le meilleur public. Cela pourra ainsi inciter les autres à bien se comporter.

Mise à jour le Mardi, 12 Mai 2015 12:40
 

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